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• Observatoire Marin |
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Chers collègues, Madame, Monsieur,
Merci à chacun d'entre vous d'être présent aujourd'hui à ce comité d'orientation. Ce comité est notre grand rendez-vous annuel de travail. Votre présence est le signe de votre implication. Et à ce titre aussi, je veux vous remercier.
Notre organisation interne fait du comité d'orientation un moment fort. Non seulement par sa périodicité exceptionnelle, cela va de soi, mais aussi – surtout - en raison de son objet. Le comité d'orientation a une portée stratégique. Elle n'échappe à personne.
Il est en quelque sorte le temps « O » où l'on doit ensemble prendre acte de ce qu'on a réalisé et où l'on doit ensemble décider de ce que l'on veut faire pour conserver, préserver et sauvegarder notre capital environnemental.
Cette balance entre retours d'expériences et définitions de perspectives justifient notre présence à tous aujourd'hui. Cette matinée est consacrée au bilan et cet après-midi, en bonne logique, nous parlerons prospectives.
Sans aborder maintenant tous ces aspects qui nécessiteraient trop de temps, je veux dire pour aller un peu au-delà, ou peut être en amont des problématiques qui sont les nôtres, une ou deux choses.
Parler « Capital » et « environnement », ici, à l'Observatoire Marin, oblige à placer en vis-à-vis l'économie et la nature. Les espaces naturels exceptionnels attirent plus que les banlieues et les zones périurbaines des villes industrielles de France ou du reste de l'Europe.
Cette attractivité est à la fois une chance – un capital – économique à court terme, et un risque – et donc une possibilité de dépréciation – pour notre capital environnemental.
Enrichissement immédiat par l'économie du tourisme, et dépréciation à moyen à long terme de notre territoire économique et naturel forment l'équation de notre mission.
Cette vérité a été dite et redite cent fois. Mais il est bon de la rappeler parce que si les vérités demeurent, les contextes eux en revanche évoluent. Et c'est justement sur ce contexte que je voudrai m'exprimer.
Il faut savoir observer les tendances de fond de notre économie et du tourisme dans notre région. Comme il faut observer - comme nous le faisons déjà - nos systèmes écologiques, notre biodiversité.
C'est parce qu'il y a un lien d'interdépendance entre économie et écologie. Mais c'est aussi parce que la qualité de l'environnement est un facteur majeur du développement de l'économie locale qu'il faut désormais mieux mesurer et anticiper sur ces tendances lourdes du couple écologie et économie. Je pense que nos 4 communes, et plus largement le golfe de Saint-Tropez, sont aujourd'hui de ce double point de vue à un moment crucial de leur développement économique, et de leurs ambitions en matière de préservation de leur environnement écologique.
La fin d'un certain tourisme de masse, la faiblesse des réserves foncières, la faiblesse des potentialités de construction de loisirs, la législation rigoureuse en matière d'urbanisme, les exigences drastiques sur le respect de la biodiversité, la consécration de notre territoire comme zone touristique de rang international, tout cela fait que la qualité prime désormais sur la quantité.
La tendance de fond est à l'augmentation constante du prix du foncier et des locations. La tendance de fond est à la perte de marchés par rapport à d'autres destinations touristiques qui, dans un contexte aigu de crise, sont mieux placées que nous.
La tendance de fond est que seuls les territoires qui jouent la carte de l'excellence environnementale auront les moyens de conserver à la fois leur positionnement et leur attractivité.
Si j'insiste à ce point sur la dimension économique, c'est que c'est elle qui dictera ses règles et qui nous obligera dès aujourd'hui à plus et à mieux d'environnement.
J'affirme donc que penser exclusivement en termes de protection de l'environnement serait une erreur. Une erreur fatale ici, dans cette zone emblématique de l'est varois et de la Côté d'Azur.
Il faut poser donc notre problématique dans l'équation stricte : Développement écologique = Développement économique.
Autre point d'importance, est que la question et les enjeux économiques ne se règlent pas par la voie du règlement et du diktat, mais par la pédagogie et l'adhésion.
Nous ne ferons pas le bonheur écologique de nos concitoyens et des vacanciers contre leur gré. Le volet communication sera donc capital et croissant dans les années à venir.
L'Observatoire Marin devra donc ouvrir son champ d'expertise et de compétences.
Oui, il faut développer son rôle déjà mené excellemment d'études, d'analyses et de diagnostic de notre système écologique.
Oui, et pour nos 4 communes, il faut poursuivre et amplifier ses missions actuelles qui sont :
1. La surveillance de la qualité des eaux de baignade, 2. L'évolution du trait de côte et l'étude des charges polluantes transportées par les ruisseaux et les eaux pluviales de la terre vers la mer, 3. Le nettoyage des plages tout en tenant compte du rôle protecteur des banquettes de posidonies, 4. L'aménagement des sites de plongé, 5. La surveillance des herbiers.
Oui, il faut que nos 4 communes expriment leur volonté d'aller plus loin encore en termes de moyens humains et techniques, dans la connaissance scientifique de nos territoires naturels.
Oui, mais il faut aussi, communiquer et faire savoir. Là est l'autre enjeu fondamental.
Du travail est fait de ce point de vue, et il est bien fait. Je pense notamment aux actions d'information du public et aux opérations de sensibilisation des enfants et des adolescents, mais il faut songer à une autre et une nouvelle communication.
Peut être, songer à ce qu'elle soit mieux relayée par nos magazines municipaux ?
Peut être, songer à nous doter d'un partenaire ou d'une agence spécialisée sur ces questions ?
J'ajoute que rentre dans ce cadre d'une meilleure communication, la formation et la sensibilisation des élus et des employés des services.
Voilà ce que je voulais vous dire en quelques mots. Le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus « intégré ». C'est le mot consacré.
Les problématiques générales sont toutes désormais en étroite interdépendance. C'est la théorie du papillon ou des dominos.
Pour nous, et c'est là tout l'objet, à mon sens, du nouveau document cadre 2010-2015 que nous devons construire ensemble.
Il nous faut partir de l'étude fondamentale du travail réalisée par le bureau d'études sur les 5 années écoulées.
Et il nous faudra tout à l'heure, jouer nos rôles à la fois de stratèges et d'imagination pour penser et concevoir nos territoires à l'horizon des 10-15 ans, de 2020 à 2030.
C'est à ce cela que nous nous consacrons aujourd'hui. Nous vous y invitons avec passion.
Je souhaite que nous trouvions les meilleures pistes, les meilleures propositions, les meilleures réflexions qui concilient dans l'intérêt bien compris de nos 4 communes :
• économie et emploi • tourisme et écologie • démographie et urbanisme
Merci.
Discours prononcé le 2 décembre 2008 au Centre Culturel Albert RAPHAEL par Annick NAPOLEON – Maire de Cavalaire-sur-Mer, Présidente du SIVoM du Littoral des Maures
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Le
03/12/2008 18:33:00 |
Annick NAPOLEON |
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