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  • Appel du 18 juin


 
Journée commémorative de l'Appel historique du Général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi le 18 juin 1940 : Le 17 mai 1940, à la tête d'une division cuirassée formée en pleine bataille, le colonel de Gaulle démontrait la justesse des vues qu'il avait défendues depuis plusieurs années en obtenant un succès remarquable à Montcornet, dans l'Aisne.
 Le 21 mai, à Savigny-sur-Ardres, à la demande de l'Etat-major, Charles de Gaulle lançait depuis le champ de bataille son premier appel radiodiffusé : « L'ennemi a remporté sur nous un avantage initial… Ses succès lui viennent de ses divisions blindées et de son aviation de bombardement… Nos succès de demain et notre victoire nous viendront un jour de nos divisions cuirassées et de notre aviation d'attaque… Grâce à cela, nous avons déjà vaincu sur un point de la ligne. Grâce à cela, un jour, nous vaincrons sur toute la ligne ».
Dans son appel du 18 juin lancé depuis Londres sur les ondes de la BBC, au lendemain de l'appel du maréchal Pétain à cesser le combat, le général de Gaulle invite les Français à poursuivre la lutte, sous toutes ses formes : « la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ».
L'appel du 18 juin est peu écouté sur le moment, mais il est compris : des centaines et bientôt des milliers de volontaires en France et dans les territoires de l'Empire, rallient Londres et la cause de la France Libre.
Le général de Gaulle devient le symbole d'une France qui lutte pour sa liberté et son indépendance. Envers et contre tous, il incarnera obstinément cette idée durant quatre ans, jusqu'à la Libération du territoire national.
Après avoir créé une force militaire, les Forces Françaises Libres, qui arborent la croix de Lorraine sur tous les continents, sur terre, sur mer et dans les airs, le général de Gaulle rallie des territoires, en Afrique, en Asie et dans le Pacifique. A Londres, il jette les fondations d'une souveraineté alternative à celle de l'Etat français du maréchal Pétain qui a choisi la voie de la collaboration avec l'Allemagne nazie.
Soixante-neuf ans après l'acte fondateur du général de Gaulle, nous rendons aujourd'hui hommage à tous ceux qui le rallièrent afin de poursuivre la lutte. Nous rendons également hommage à tous ceux qu'il choisit de distinguer particulièrement, compagnons de la Libération et médaillés de la Résistance, qui se retrouvent une nouvelle fois cette année au mémorial de la France Combattante du Mont-Valérien.
Que l'engagement de tous ces combattants et les sacrifices qu'ils consentirent pour que la France vive libre demeurent un exemple pour les générations présentes et futures.
Message de Jean-Marie BOCKEL
 
 Appel du Général de GAULLE. Prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940
 « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître? La défaite est-elle définitive?
Non!
 Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire de notre malheureux pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »
 
Discours d'Annick Napoléon, Maire de Cavalaire, le 18 juin 2009 
 
Monsieur le Premier Adjoint,
 
Mesdames et messieurs les élus et chers collègues,
Mesdames et messieurs représentant les autorités civiles et militaires de l'Etat,
Mesdames, messieurs les présidents et membres des associations représentant les combattants et victimes de guerre,
 Chers cavalairoises, chers cavalairois,
 
Il y a 69 ans, la France vaincue, faisait entendre une voix.
Ce jour là, le 18 juin 1940, en fin de soirée, le général de Gaulle, rentrait dans les studios de la BBC et depuis Radio-Londres, prononçait un discours qui devait devenir historique.
Aujourd'hui, à 69 ans de distance, il est bien difficile pour les français que nous sommes,  de mesurer exactement ce que pouvait représenter cet appel, ce jour-là.
Car ce 18 juin, rares furent les français qui étaient à l'écoute.
Car ce 18 juin, aussi, nous savons aujourd'hui, qu'encore moins nombreux, étaient ceux qui se trouvaient auprès du Général.
Selon le témoignage de son aide de camp, seulement 3 à 5 personnes étaient à ses côtés durant ces journées capitales de ce qui allait devenir la « France Libre ».
L'appel du 18 juin 1940 est donc d'abord l'histoire d'un homme seul.
Elle est aussi l'histoire d'une volonté et d'un culot hors norme.
Un culot et une volonté à la hauteur d'un amour de la nation et d'un patriotisme, également hors norme.
Ce jour là, ce 18 juin 1940, un français en exil avait le courage de parler à la France en péril.
Aux français d'aujourd'hui, aux jeunes générations, à celles qui surfent sur le net et à toutes celles qui n'ont évidement pas connu cette période, cette page de l'histoire de France reste confuse.
La « drôle de guerre », les semaines d'exode, la capitulation de Rethondes, la désignation de Pétain, forment comme un point d'interrogation dans notre mémoire collective.
Nous avons tous à l'esprit ces images d'actualité, terribles, déformées par le temps, incompréhensibles.
C'est là, devant nos yeux, une France inimaginable pour ceux qui vivent en 2009.
On voit des morts, des bombardements, des familles sur les routes,  transportant matelas, enfants et vieillards sur des chariots de fortune.
On voit une France humiliée.
On voit une France que l'on n'a jamais vue.
Avec l'enfoncement de la ligne Maginot et la Wehrmacht sur les Champs Elysées, la France n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Alors il faut imaginer : 
Imaginer que dans de pareilles circonstances, une voix, celle d'un général à peine sorti de l'anonymat des cadres de l'armée, inconnu du grand public, s'élève.
Et  même, « ose s'élever ».
Oui, face à des français atterrés qui se retournent tous vers un maréchal Pétain auréolé par 14-18,  il fallait oser.
L'homme du 18 juin, c'est tout cela :
un civisme à valeur d'exemple pour toutes les générations,
un courage et un tempérament exceptionnels,
une vision et une compréhension de l'histoire qui font de lui, un des plus grands personnages de l'histoire de France. 
Il faut un instant dire et raconter quel était cet homme.
Seul et avant tout le monde, il comprit que la France, malgré les apparences n'était pas vaincue définitivement.
Dans cet appel du 18 juin, transparait toute la clairvoyance de l'homme d'Etat.
La France n'est pas vaincue parce que toutes ses forces et celle de son empire, n'avaient pas été mises dans la bataille.
La France n'est pas vaincue parce que l'Angleterre, son alliée, maîtrise  les mers et toutes les voies de communication maritime.
La France n'est pas vaincue parce que des forces insoupçonnées – celles des Etats Unis d'Amérique – ne sont pas entrées en guerre.
La France n'est pas vaincue parce que la guerre est mondiale et que de nouvelles batailles, décideront de la victoire ultime.
« La France a perdu une bataille, elle n'a pas perdu la guerre » est donc un message de lucidité mais aussi d'espoir.
Le général de Gaulle avait compris avant tous les autres. Il était le « premier des français » à réaliser que la guerre n'était pas finie, qu'elle venait à peine de commencer, et que la capitulation bien au contraire, sonnait l'heure du réveil et d'une guerre nouvelle.
Avec l'appel du 18 juin, c'est tout simplement l'appel à la Résistance qui s'annonce.
Le 18 juin est donc l'affaire d'un homme isolé, expatrié, vaincu. Mais aussi l'affaire d'un homme qui voit grand et loin.
La république commémore ce qui peut paraitre un détail de l'histoire. Mais ce détail a une signification historique et une force symbolique extraordinaire.
En France, un homme - ou une femme - seule, face à un destin peut infléchir le sens de l'histoire et des choses.
Pour peu qu'il ou elle porte en lui une force et une volonté, pour peu qu'elle ait la capacité de discerner la juste voie des chemins d'errance et de compromission, alors oui, nous pouvons changer les choses.
Le général de Gaulle dont nous honorons ici la mémoire, c'est cela : les choses changent, si on le veut.
Il y a là une leçon, une leçon politique et historique à tirer. J'ajoute « pour chacun d'entre nous ».
Je veux ici citer la phrase d'un autre grand politique du siècle dernier : John Fitzgerald Kennedy : « ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. »
Tout le civisme du général de Gaulle paradoxalement est là.
Il y a un temps, il y a un moment dans la vie, où la générosité civique, l'altruisme doivent passer avant le repli sur soi et l'égoïsme.
Cette leçon vaut pour les grandes heures d'une nation – comme l'a été la guerre de 39-45 – mais elle vaut aussi au jour le jour, pour vous, comme pour moi et pour tous les français.
Elle vaut particulièrement dans nos sociétés où l'incivisme, l'abstention électorale et les atteintes à l'environnement sont les signes d'une déresponsabilisation qui ont tendance à se généraliser.
L'esprit de De Gaulle s'adresse à toutes les générations de Français. Son message est simple : chacun porte en soi une partie de la solution.
J'appelle donc chacun d'entre nous à méditer le sens de l'acte du général de Gaulle.
Son appel n'est rien d'autre finalement, qu'un message de foi, un message de foi pour la France et pour les français, d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
 
Vive Cavalaire, vive la République et vive la France !
 
 

Le 18/06/2009 19:05:00 Le Secrétaire
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