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Hommages aux déportés - cérémonie du 25 avril 2010

Sitôt arrivés au pouvoir en janvier 1933, Adolf Hitler et les nazis créent les premiers camps de concentration en Allemagne.Dachau est ainsi ouvert le 21 mars 1933.Y sont internés les opposants au régime, les «asociaux », tous ceux qui n’entrent pas dans les normes nationalsocialistes.Avec l’expansion allemande en Europe puis la Seconde Guerre mondiale, le système concentrationnaire prend une autre dimension.A partir de 1941, il s’intègre en outre dans la mise en place de la «solution finale de la question juive ». Les camps se multiplient, y compris dans les territoires annexés ou occupés :Mauthaussen en Autriche, Auschwitz en Pologne, Natzweiler (Strufhof) en France……Le nombre des déportés de France dans les camps de concentration ou d’extermination nazis au cours de la Seconde Guerre Mondiale est estimé à plus de 150 000 personnes.Avec la libération des camps puis le retour des premiers survivants, le monde entier mesure l’ampleur de la déportation et de son horreur.Le dernier dimanche d’avril devient «Journée Nationale du Souvenir des victimes et des héros de la déportation ».Des cérémonies officielles évoqueront le souvenir des souffrances et des tortures subies par les déportés dans les camps de concentration et rendront hommage au courage et à l’héroïsme de ceux et de celle qui en furent les victimes.Pour ses initiateurs, la journée nationale de la déportation répond à deux exigences.Tout d’abord, elle rappelle à tous ce drame historique majeur comme les leçons qui s’en dégagent.Selon les termes de l’exposé des motifs de la loi, pour que de tels faits ne se reproduisent plus,« il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience,ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents,ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux torturesde la faim, du froid, de la vermine,de travaux épuisants et de sadiques représailles,non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux ».En second lieu, par cette célébration, la nation honore le mémoire de tous les déportés.
Alain Ghelfi
Mesdames et messieurs les élus, Chers collègues, Mesdames et messieurs les présidents et membres des associations d’anciens combattants, victimes civiles et militaires de guerre,Mesdames et messieurs les représentants des administrations d’Etat, Mesdames et messieurs,
Aujourd’hui, devant cette stèle qui porte le nom du plus grand des héros de la résistance,torturé à mort dans un train qui le conduisait dans l’enfer des camps, la République, les élus et les personnalités civiles et militaires de Cavalaire se recueillent. C’est la mémoire qui nous rassemble. La mémoire de celles et ceux,qui de tout âge, de toute confession, de toute l’Europe, sont morts, victimes de l’horreur absolue, idéologique et concentrationnaire. De toute l’Europe, parce qu’ils étaient juifs, parce qu’ils étaient des opposants politiques, parce qu’ils étaient tziganes, homosexuels ou francs-maçons. C’est la simple différence de religion, d’opinion, de mœurs et de culture qui, il y a soixante à peine, dictait encore, au cœur de l’Europe, « celui là doit mourir », « celui là peut survivre ». On a de la peine à imaginer à quelques décennies de distances que cela a pu seulement exister et être réel. C’est cela dont aujourd’hui nous devons nous souvenir. La république le demande et les citoyens que nous sommes, ont le devoir de porter cette mémoire. Alors aujourd’hui, je souhaite que nous adressions à toutes les générations, et que nous leur disions, comme nos pères l’ont fait avant nous, que cette exigence de compassion et d’hommage à rendre à ces martyrs, est pour nous un devoir sacré. Le secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants, Hubert Falco m’a demandé de lire ce message qui vous est adressé :
Il y a 65 ans, au printemps de 1945, comme l’écrivit André MALRAUX, « la vraie civilisation, … la part de l’homme que les camps ont voulu détruire » triomphait de la vraie barbarie. Les dernières citadelles où les nazis détenaient encore des survivants du génocide des Juifs et des Tsiganes, et des rescapés des camps de concentration, s’écroulaient. Ce furent des jours de bonheur et de tristesse pour les survivants. Des milliers de leurs camardes avaient disparu et, au moment même où ils étaient libérés, beaucoup d’autres, emmenés par les SS, agonisaient sur les routes d’Allemagne, dans des « évacuations forcées » et des « marches de la mort » qui n’avaient pour but que de supprimer les témoins de la barbarie. En cette période anniversaire de leur libération, conscients de la dette qu’ils ont contractée envers les libérateurs, les survivantes et les survivants tiennent d’abord à exprimer leur reconnaissance envers les combattants des armées de la coalition anti-hitlérienne grâce auxquels la part de l’homme qui subsistait en eux fut préservée. En ce jour de mémoire, nous voulons saluer et encourager toutes les initiatives qui vont dans le sens d’un monde de tolérance, de paix, d’amitié et de solidarité entre les hommes et les peuples. La construction d’une Europe unie et pacifique, l’Organisation des Nations Unies, les progrès d’une justice pénale internationale, et les multiples organisations non gouvernementales mobilisant une jeunesse ardente et généreuse, sont autant de signes d’espoir et de raisons de croire en l’avenir. Oui, nous croyons que le printemps refleurira et que l’humanité saura surmonter ses vieux démons, pour autant qu’elle tire les leçons de ses erreurs passées. Au nom de la République et de l’ensemble des concitoyens de notre commune, merci de votre attention et de l’hommage que vous venez de rendre à ces morts et aux derniers survivants, présents ici et partout ailleurs en France.
Annick NAPOLEON - Maire de Cavalaire
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